jeudi 17 janvier 2008

Un long message

Hola !



[toujours pas d'accents...]


Salut les enfants ! Voici un long message mais nous avons tellement de choses a vous dire, qu'il va etre difficile de faire court ! Nous etions sur Chiloe, ou nous avons loge dans une ferme, au milieu des champs, au milieu de l'ile.




D'abord, ou nous sommes...
Nous sommes sur le trajet vers Copahue, le 5eme lieu de mission. Nous avons quitte Chiloe hier, sommes passes par Puerto Montt et avons entrepris une nouvelle entree en Argentine. En effet, Copahue a beau etre une grande station thermale, elle est au beau milieu des Andes et elle reste tres difficilement accessible par le Chili. Nous vous ecrivons aujourd'hui de San Carlos de Bariloche. Nous arriverons a Copahue dimanche soir ou lundi matin !


Avant de parler de la mission

Nous vous en avions dit deux mots. Il est temps de developper. Sur Chiloe nous avons rencontre des pecheurs d'algues. Eh oui ! Ils se promenent sur la plage et ramassent une algue appelee luga. Ils disposent leur peche sur les hauteurs de la plage ou devant leur maison pour la faire secher. Il les revendent a un marchand qui lui les vend a deux industries : celle des cosmetiques pour fabriquer des cremes de beaute et de soin et celle des sacs plastiques... euh, sans plastique. Eh oui, ici on fait des sacs ecolos (il faudrait verifier si le procede de fabrication est, lui, ecolo en revanche...). Interessant, non ? En discutant, nous avons appris qu'en moyenne chaque pecheur ramassait 200 kg par jour. Chaque kilo est vendu 200 pesos chiliens, soit 30 cts d'euros.


Notre mission sur l'agriculture chilote

Petit resume pour tous. Nous allons envoyer les reponses aux questions dans les prochains jours.

Nos rencontres

Nous avons enquete dans le centre de l'ile, autour de la ville de Chonchi.


Fernando, responsable de la division locale de Chonchi du ministere de l'agriculture chilien


Carlos, president du centre d'education technique, association non gouvernementale, pour le developpement des techniques traditionnelles, biologiques



Et surtout Emilia, qui nous a accueilli pendant 4 jours, agricultrice.


Ce qu'il faut en retenir !!

Les autorites et les associations veulent faire de Chiloe un lieu ou l'agriculture est respectueuse de l'environnement et basee sur des methodes traditionnelles, non intensives. Plusieurs fermes se sont converties a cette agriculture.

D'abord Chiloe a une particularite : savez-vous que 80 % des pommes de terre consommees en Europe sont originaires de l'ile ? On est surs que vous regardez les pommes de terre differemment maintenant... :-). Se trouvent en effet sur l'ile plus de 200 especes de pommes de terre, dites natives, en ce sens qu'elles n'ont pas ete modifiees par l'homme. Et l'ile veut preserver cette richesse. D'autant que notre societe de consommation semble avoir peu d'egard vis-a-vis de ces varietes. Pourquoi ? Les "papates" sont parfois noires, biscornues... bref pas "jolies" aux yeux des consommateurs et surtout pas pratiques a eplucher ! Quel gachi : nous les avons goutees, un vrai delice !


Pour illustrer ce que peut etre cette forme d'agriculture alternative, nous allons prendre trois exemples :

1. Les engrais. Emilia nous a montre comment elle fabriquait un engrais biologique, qui remplace sans probleme les engrais chimiques. Elle dit qu'il est tout aussi efficace mais moins couteux et n'enleve pas de saveur aux legumes. La recette : de la terre, des crottes de moutons, du son. Elle melange le tout, creuse un trou au milieu et y ajoute du yahourt (pour developper les bacteries), du miel, de la levure et de l'eau. Elle laisse reposer le tout sous une bache 6 jours, pendant lesquels elle remue 3 fois par jour. L'engrais se forme. Elle laisse ensuite secher a l'air libre pour obtenir une poudre. Sur l'ile on utilise aussi beaucoup les algues pour faire de l'engrais.


2. La lutte contre les insectes. Certains insectes nuisent aux cultures. Carlos, le responsable du centre d'education technique, nous a dit clairement que la meilleure facon de lutter contre ces insectes est d'assurer une grande biodiversite autour des cultures. Certaines plantes font fuir les insectes et certains animaux s'en nourrissent, ce qui protege les cultures. Ainsi, dans sa serre, emilia a dispose un grand nombre de plantes degageant des odeurs que n'apprecient pas les insectes : salvia, vervene, melisse, valeriane...


3. De nombreuses experiences ont ete menees par le ministere de l'agriculture et le centre d'education technique. Le but : comparer l'efficacite des cultures selon les methodes dites scientifiques et selon les methodes traditionnelles. Il a ete prouve que les methodes traditionnelles sont plus efficaces sur Chiloe. Le centre a edite un ouvrage avec toutes les traditions (nous en donnerons plusieurs extraits aux classes qui travaillent sur le sujet). Par exemple : il a ete prouve qu'il ne faut pas planter lorsque le vent vient de l'ouest. Pourquoi ? Ca n'est pas explique mais apparemment, c'est efficace.

Il faut ajouter une derniere chose. Ici, maintenir l'agriculture traditionnelle est un enjeu. En effet, l'equilibre de la region et de chaque foyer est fait d'agriculture, de peche et de sylviculture. Une agriculture intensive impliquerait d'augmenter la taille des exploitations et une specialisation de chacun (dans tel type de production, dans l'agriculture plutot que la peche...). Ce type d'organisation multi-activites maintient un equilibre social important. De plus, il traduit une adaptation a l'environnement : quand il ne fait pas beau et que la mer est mauvaise, les habitants travaillent la terre; lorsque le vent tombe, ils vont pecher.

Voila un petit resume pour tous de notre mission sur Chiloe.

A tres vite !!

Manuel et Francois