mardi 9 octobre 2007

Une culture de la "débrouille"


Oi !

Nous voilà enfin connectés à un réseau internet rapide !! L'Amazonie est un endroit plutôt retiré qui ne nous permettait pas de vous écrire dans les meilleures conditions. Mais nous revoilà d'attaque pour vous donner des nouvelles.

Nous sommes donc arrivés à Belem. Pour y parvenir, nous avons descendu pendant 2 jours l'Amazone, depuis Santarem.



Nous voudrions vous parler d'une chose qui nous marque ici au Brésil : la débrouille.

La débrouille

Le Brésil est certes une grande puissance économique. Sa population nombreuse (200 millions d'habitants) et la grandeur et la richesse de son territoire en feront sans doute dans les années à venir un acteur majeur de l'économie mondiale. Mais on constate sur le terrain que règne ici surtout une petite économie de tous les jours, de la débrouille... qu'on trouve en France aussi bien sûr, mais pas de façon aussi généralisée. Exemples :

Sur le bateau

Sur le bateau, nous avons rencontré Francinete. Francinete a 40 ans, habite Boa Vista et travaille dans un salon de beauté. Elle n'a pas vu sa mère depuis 6 ans, alors elle a décidé de prendre 4 mois de vacances pour lui rendre visite à Sao Luis. Francinete voyage donc par la route et par bateau, entre Manaus et Belem. Eh bien, Francinete a emporté avec elle ses outils de travail (pinces à épiler, coupe-ongles, vernis...) et improvise un petit salon de manucure sur le bateau. En deux jours entre Santarem et Belem, elle a vu 22 clients et a gagné 220 reais (un real, des reais), soit le prix du billet.


Sur le fleuve

En bateau, on assiste à chaque traversée, à un événement : de nombreuses pirogues, pilotées par des enfants, viennent aux abords du bateau. Les passagers jettent des sacs plastiques avec des vivres, des objets... Tout au long de la traversée, ce sont des dizaines et des dizaines d'enfants vivant sur les rives du fleuve qui viennent ainsi chercher les paquets.


Sur les docks de Belem

Les docks de Belem abritent le plus important marché ouvert d'Amérique du Sud. Le marché fonctionne 24H/24. Nous y avons rencontré une dizaine d'hommes improvisant un jeu de dés sur une table, après le travail, pour faire une petite fortune d'un jour. Le but du jeu est simple : chacun parie 1 real ou 2 reais et doit faire le meilleur score au dés (2) pour emporter la mise. Tout cela se fait dans un environnement de bières et de femmes, qui savent tirer avantage des petits gains des hommes, dans des activités frivoles.


Les petits stands

De grands centres commerciaux se développent au Brésil. Manaus, Bélem ont de gigantesques espaces commerciaux et des grandes surfaces, comme Carrefour. Mais, dans le centre-ville, dominent les petites boutiques et surtout les petits stands de 2m2 tout au plus, installés partout sur les trottoirs. On y vend de tout : fils, cordons, télécommandes, shampoings, jeux de société, tournevis... tout cela dans la même boutique souvent ! Et ce qui marche le mieux : les stands de DVD gravés illégaux. Illégaux mais partout et installés au grand jour, à Manaus comme à Belem ! Etonnant, non ?

Parlons d'environnement...

Les Brésiliens rencontrés jusqu'à présent jettent leurs déchets sans scrupule dans le fleuve. Sur le bateau, nous ne comptions plus les bras qui se levaient pour jeter verres en plastique, canettes, papiers... Cela vient sans doute du manque de conscience de chacun de son rôle dans la préservation de la nature. Mais aussi d'une culture profondément ancrée. En effet, plusieurs personnes nous ont dit que dans la tradition des indiens, le fleuve est ce qui lave, ce qui nettoie, ce qui fait disparaître ce qui est impropre. Et cette culture agirait encore fortement sur le comportement des gens.

Gros bisou à tous !

Manuel et François