Compte-rendu de mission à Copahue
Voici notre compte-rendu de mission sur la géothermie, à Copahue, pour tous. En raison de l'enchaînement rapide des missions et du peu de moyens de communication que nous avions, nous avons beaucoup de réponses à vous faire. Nous nous posons à Santiago et Valparaiso pour prendre le temps de tout rédiger. Demain, surveillez votre boite aux lettres... les réponses aux questions sur la couche d'ozone. Chiloe suivra et on espère vous envoyer les réponses sur Copahue en début de semaine prochaine.
Copahue
Nous sommes arrivés dimanche 20 janvier. Nous avons planté notre tente dans un camping ressemblant plus à un parking sauvage qu'à autre chose, à l'extrémité du village.
Vous avez vu, les restes de neige ? En hiver, la ville est ensevelie sous 8 mètres de neige ! On ne voit plus rien, pas même le toit des maisons. La ville est désertée. Les seules parties découvertes : les sorties d'eaux chaudes du volcan.
Et vous allez tout comprendre : d'un coté, voici une station thermale avec des eaux chaudes et curatives mais qui ne peut fonctionner que 4 mois par an (le reste du temps elle est sous la neige); de l'autre, un volcan et une croûte terrestre très mince qui laisse s'échapper des vapeurs d'eau très chaudes. On parle de champ géothermique (situés sur un ancien megavolcan; le champ géothermique fait 40 km de diamètre).
La solution ?
La géothermie bien sur !! A Copahue, les premières études ont été faites dans les années 70. Des puits ont été creusés, jusqu'à 1300 m de profondeur. A cette profondeur, se trouve la vapeur d'eau créée par l'action du magma en fusion sur les poches d'eau contenues en sous-sol. Creuser des puits permet à cette vapeur d'eau de sortir en surface.
A Copahue, on a décidé d'utiliser la géothermie de deux façons :
1. Récupération directe de la vapeur (240 degrés à la sortie de la terre). Elle passe par de grands tuyaux et est amenée jusqu'à la ville (a 3 km).
2. Action de la vapeur sur une turbine. La vapeur sort avec une pression gigantesque. Elle agit sur une turbine qui permet la fabrication d'électricité.
Ces deux systèmes ont été mis en place en 1999. En 2001, tout s'est arrêté. De nouveaux projets sont en cours, mais n'ont toujours pas aboutis.
Les problèmes
Nous sommes ici en Argentine. La corruption est importante. Elle semble bien avoir mis en danger le projet. Cela nous permet d'insister sur les 3 "mamelles" du développement durable : l'écologie, la société et l'économie. La façon dont sont gouvernés les hommes est donc capitale et aucun projet écologique de grande taille ne peut aboutir si le pouvoir politique le freine. Ici, la "mamelle sociale" est donc en jeu.
Officiellement, les raisons sont :
- L'utilisation d'un produit toxique qui s'est avéré très polluant.
- La pollution sonore car la vapeur, lorsqu'elle sort de terre, produit un bruit incroyable (les puits sont a 3 km quand même, donc la raison nous parait peu recevable)
- La pollution visuelle, d'énormes tuyaux traversant la montagne.
Après avoir discuté avec des techniciens du projet, nous avons compris que beaucoup d'intermédiaires politiques s'étaient enrichis sur le projet, en fournissant du matériel de moins bonne qualité que prévu.
De nouveaux projets sont en cours car ici, tout le monde en est convaincu, la géothermie est une source de chaleur et d'énergie peu polluante et illimitée. Illimitée car vu la quantité de neige qui tombe ici chaque année, les réserves en eau du sous-sol sont renouvelées sans souci.
Voila un petit résumé.
On vous donne de nos nouvelles ici a Valparaiso et Santiago (nous avons déjà observés de petites choses intéressantes...).
Hasta luego !
Manuel et François
