samedi 15 décembre 2007

A Bosques Tropicales


4eme compte-rendu de mission pour tous
Voici le compte-rendu de notre mission sur le tourisme durable, pour tous.

Nous sommes desoles mais nous avons a nouveau un souci de clavier... alors il faudra se passer des accents pour cette fois !

Nous quittions donc il y a une semaine et demi la province argentine du Chaco ou nous avons decouvert pendant 5 jours le fonctionnement d’un site de tourisme durable, celui de Bosques Tropicales.

Ou ?


Villa Bermejito se trouve dans la province du Chaco, au nord de l’Argentine, a quelques dizaines de kilometres du Paraguay. Cette region est une des plus pauvres du pays. La-bas, on vit de petites cultures, de travaux dans les champs ou dans les exploitations forestieres (on denombre plusieurs essences d’arbres rares). Le tourisme y est tres peu developpe.


Entre les fleuves Teuco et Bermejito, la ou nous etions, se trouve une gigantesque reserve indigene, la plus grande du pays : 140 000 ha ! Dans cette reserve vivent des communautes (15) du peuple Toba. Attention toutefois, Toba est le nom que leur a donne et leur donnent encore les Blancs. Entre eux, ils s’appellent les Qoms.


Nous avons plante notre tente juste en face du village de Lapelole, qui comprend une quarantaine d’ames. Ainsi, nous etions au cœur du projet Bosques Tropicales.


De quoi s’agit-il ?

Bosques Tropicales est un projet lance par une ONG belge, Volens. Il avait pour but de developper une economie « durable » dans la region de Villa Bermejito. L’ONG a mis en place une cooperative de production forestiere, appelee Cooperativa Forestal Ele l’Pata’c (qui exploite la foret de maniere durable) et une cooperative plus generale, Cooperativa Tala Nacona’t, qui est chargee de l’artisanat, d‘activites culturelles comme le theatre, la production de miel… et l'ecotourisme.

Sur place

La structure d’ecotourisme rassemble 5 guides. Nous en avons rencontre 3 : Felix, Omar et Walter. Ici, sur la photo, Manuel avec Omar.

Pour le moment, elle propose 3 excursions : la rencontre avec la faune d'un lac, la rencontre des singes et la comprehension de leur mode de vie, la vie avec les Qoms. La cooperative vient de creer un hotel pour les touristes, qui etaient avant obliges de se loger dans la ville de Villa Beimejito. Desormais, ils sont au bord de la riviere, en pleine nature.


La structure est toute recente et prend juste son envol (l'ONG est partie en mai).

Pourquoi peut-on parler d’un tourisme durable ?

D’abord parce qu’il est pense sur le long terme. Si vous voulez visiter le lac et faire connaissance avec sa faune, il vous en coutera 45 $ (pesos), soit 10 euros. Sur cette somme, 15 % sont reverses a l’association de defense des terres tobas (celle qui gere la reserve) ; 10 % a la communaute toba et a ses habitants pour construire des batiments, acheter de la nourriture ; 15 % a la cooperative de travail pour l’amelioration de la production (achat de materiel). Le reste paie les frais d’entretien du batiment, des bateaux et les ecoguides. Ensuite parce que nous sommes loin des visites en helicoptere ou 4*4 qui sont pratiquees de plus en plus. Ici, le seul luxe, c’est la pirogue a moteur. Les visites se font dans le calme, sans empressement. Les guides connaissent tres bien la nature, son rythme. Il suffit d’observer Omar pour voir qu’il n’est pas pret a bousculer la vie des perroquets et des singes hurleurs pour le seul plaisir photographique des touristes.

Il faut ajouter que la visite des villages tobas se fait toujours, a chaque fois, avec l’autorisation du chef du village. A ce propos, le tourisme peut aussi etre dit durable justement parce que d’autres activites que le tourisme permettent aux habitants de ne pas en dependre totalement (production de miel, de bois…).

Du durable qui dure ?

Un seul hic… la durabilite economique. La structure est fragile. Elle est geree par 5 eco-guides qui se deplacent chaque annee au salon du tourisme a Buenos Aires. Mais, on est loin des moyens deployes par les grandes structures, moins participatives, mais plus combatives. La question est donc celle de la visibilite des activites proposees aupres du public. Par ailleurs, le travail artisanal et detache des objectifs de rentabilite, pourrait etre un danger. Ainsi, 3 jours apres notre arrivee, le bateau est tombe en panne… Nous avons demande comment ils allaient faire ? Walter nous a repondu que leur activite allait cesser pendant 3 semaines. « Et les touristes qui ont prevu de venir ? », avons-nous demande. Walter nous a dit qu’ils ne seraient pas prevenus et qu’ils feraient sans doute autre chose.

Si vous avez des questions sur cette mission, n’hesitez pas, les idees sont encore fraiches. Nous sommes a votre disposition.

Proposition : il serait interessant d’investiguer du cote des voyages « classiques » vendus par les voyagistes « classiques », en particulier les voyages impliquant la rencontre avec des communautes indigenes (Amerique du Sud, Afrique), afin de savoir comment se repartissent les gains.

Pour les journalistes ayant travaille sur cette mission, rendez-vous dans quelques instants sur la messagerie.

Hasta luego !!

Manuel et Francois